Un chemin sans haine

(Journée internationale de la lutte contre les discours de haine)

Ces derniers temps, nous avons vu comment le discours de la haine s’est répandu partout. Il ne fait aucun doute que l’incitation à la violence, à la haine et à la discrimination découle de conceptions idéologiques qui visent à éradiquer la différence, la richesse de la diversité et à déstabiliser la société en niant les principes et les valeurs de respect des droits humains de qui constituent notre patrimoine commun.

Avec une intention malveillante de déshumaniser des personnes ou des groupes de personnes en raison de leurs caractéristiques identitaires, le racisme, la xénophobie, la misogynie, la LGTBIphobie, l’islamophobie, l’antisémitisme, l’aporophobie, la dysphobie, ainsi que tout comportement contraire à la dignité humaine inviolable de toute personne, quelle qu’elle soit, mettent gravement en péril la paix entre les peuples, la sécurité de la Communauté internationale, la défense de notre environnement immédiat et, bien sûr, les droits humains de millions de personnes dans le monde. 

Alors que le monde observe avec horreur la guerre en Ukraine, dans un monde où des dizaines de conflits armés font encore rage, nous devons reconnaître que les mots peuvent aussi devenir des armes capables de provoquer les plus grandes abominations. Tout au long de notre histoire récente, nous avons vu comment les discours de haine ont entraîné la mort de millions de personnes lors de l’Holocauste, de centaines de milliers de personnes lors du génocide rwandais contre les Tutsis au milieu des années 1990, de dizaines de milliers de personnes au Timor oriental pendant l’occupation de l’Indonésie, de milliers de personnes lors du massacre de Srebrenica pendant la guerre de Bosnie ou, plus récemment, en Birmanie où la minorité tutsie a été tuée par les Tutsis pendant la guerre de Bosnie, en Birmanie, où la minorité rohingya continue d’être la cible de discriminations et de crimes haineux à une telle échelle que l’on pourrait affirmer qu’il s’agit du premier génocide du XXIe siècle, toujours non résolu aujourd’hui, dans lequel les droits de la minorité musulmane continuent d’être systématiquement violés et dont les auteurs et les responsables doivent être traduits devant la Cour pénale internationale dans les meilleurs délais.

Il est clair que les discours de haine ne connaissent pas de frontières, et ces dernières années, les réseaux sociaux ont été le support où ils se sont le plus et le mieux répandus. Parallèlement à la pandémie de Covid-19, la haine sur les médias sociaux s’est déchaînée contre les minorités, qui ont une fois de plus été montrées du doigt, stigmatisées et criminalisées par ceux qui ne sont mus que par une haine irrationnelle. 

Pour contrer la haine criminelle, des plans d’action sont nécessaires pour combattre les discours de haine afin de mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires à leur éradication. Rappelons que la liberté d’expression et d’opinion ne sont pas des droits absolus, puisqu’ils ne couvrent pas la diffamation, la calomnie, l’humiliation et la criminalisation ou l’incitation à agir violemment contre des individus ou des groupes de personnes.

La liberté d’expression ne peut en aucun cas être utilisée pour déshumaniser, détruire ou nier la dignité de quiconque. C’est pourquoi la société civile, les grands réseaux sociaux, les médias, les forces de l’ordre et, bien sûr, les institutions démocratiques de tous les États doivent promouvoir des actions communes qui contribuent à éradiquer la haine de notre société, principalement par l’éducation. Parce qu’un modèle éducatif fondé sur le respect des droits de l’homme de toutes les personnes, dans tous les centres éducatifs et à tous les niveaux d’enseignement, est le meilleur instrument pour mettre fin à la haine irrationnelle fondée sur les préjugés, l’ignorance et la désinformation malveillante.

Nous devons nous engager, mettre fin aux discours de haine et au rejet de ceux qui sont différents est une obligation de toute la société, de toute l’humanité. Pensons que le respect, la diversité et l’inclusion sont les piliers essentiels sur lesquels repose toute société moderne, démocratique et avancée. 

Si nous devons haïr quelque chose, haïssons la haine qui détruit. 

Adoptons le respect et la diversité qui construisent. 

Parce que c’est le chemin. 

Un chemin sans haine.